Armés de bottes, de pelles et de coupe-branches, une quinzaine de bénévoles a répondu présent à l’avant-dernier chantier participatif organisé par le Parc naturel régional (PNR) de la haute vallée de Chevreuse ce samedi 7 février 2026 à 9 h sur le site du Moulin d’Ors à Châteaufort (Yvelines). L’objectif de la matinée : la mise en valeur du site en le débroussaillant et la préservation de sa biodiversité particulière.
Avant le départ, le technicien de gestion des réserves naturelles du PNR donne les instructions aux bénévoles mêlants habitués et nouveaux venus.

« Aujourd’hui, nous travaillons sur une zone à la confluence du patrimoine naturel et du patrimoine bâti. La zone humide était composée en plusieurs bassins à l’époque, mais ils sont en train de disparaître. Nous allons poursuivre le travail entamé en novembre 2025 : favoriser l’écoulement de l’eau entre les différents bassins », détaille Arnaud Codant sur le site de cet ancien château démoli en 1951 après avoir été réquisitionné par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.
« Se rendre utile dans un cadre précis »
Une fois au travail, les bénévoles ne déméritent pas. Chacun s’affaire dans la bonne humeur, qu’il s’agisse ou non d’une première participation. « Avant je courais mais je ne peux plus. Venir sur le chantier me permet d’être dans un environnement naturel mais aussi de rencontrer des personnes sympathiques », témoigne Julien, 41 ans. Cet habitant de Châteaufort ne se limite pas au chantier de sa commune, il a aussi participé à celui de Bonnelles, dans le sud des Yvelines. « Cela permet de découvrir un autre site pour aller s’y promener en famille », ajoute-t-il.
Pour Régis, habitant du Mesnil Saint-Denis, participer au chantier revêt une importance particulière. « Mes parents étaient agriculteurs, la nature est à préserver. Le faire en collectif donne l’espoir de maintenir les espaces naturels », argumente-t-il. C’est aussi l’occasion de se former pour Evan, 16 ans étudiant en bac pro Gestion des milieux naturels et forestiers au centre horticole (CHEP) du Tremblay-sur-Mauldre.

Le chantier nature est aussi une porte d’entrée sur le Parc naturel régional. « J’envisage de faire un mémoire sur le parc naturel régional de la haute vallée de Chevreuse. Venir permet de prendre un contact direct avec le terrain », explique Madeleine étudiante en urbanisme et aménagement qui a eu vent du chantier sur Instagram.
Pour d’autres, venir entretenir le patrimoine naturel des Yvelines est une habitude qui fait sens. « Je viens quand je peux. Être régulier permet de constater l’évolution du site. Se rendre utile dans un but précis me parle », note Alexandre qui participe aussi à des actions du même ordre dans son département, l’Essonne.
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Les volontaires, une richesse du parc naturel
Ces volontaires sont un atout de taille pour le parc naturel régional de la haute vallée de Chevreuse. « Nous avons un vivier d’une soixantaine de bénévoles dont certains à qui j’écris directement. Leur présence est un appui important », confie Arnaud Codant. Et le besoin s’accentue depuis l’annonce du départ de l’école LEA-CFI (ex Tecomah) de Jouy-en-Josas à la rentrée 2026 et la fermeture de deux filières : bac pro Gestion des milieux naturels et de la faune et BTS Gestion et protection de la nature.
« À Châteaufort, nous faisions trois chantiers école par an avec un peu plus d’une vingtaine d’élèves de 17 à 20 ans. Et plus le temps passe, plus nous nous rendons compte qu’il va falloir multiplier les chantiers. Nous ne pouvons pas épuiser nos bénévoles », pointe Arnaud Codant. Aussi, le parc naturel régional de la haute vallée de Chevreuse espère compter dans ses rangs de nouveaux bénévoles.
« C’est hyper important pour la gestion des sites. Cela contribue aussi à la vie sociale du parc, c’est la création d’une communauté qui participe à la préservation de son territoire. »
L’organisme table aussi sur le travail d’éducation à la nature réalisé avec les enfants pour faire venir les parents sur les chantiers. La collaboration avec les associations locales, ADVMC à Châteaufort et Bonnelles Bullion Nature pour la réserve naturelle des étangs de Bonnelles, porte aussi ses fruits. Mais le cadre en lui-même est déjà un argument de taille. « Quand on dégage toute une zone, le résultat est visible. C’est satisfaisant », note le technicien du PNR.
Participer aux chantiers nature contribue à préserver la biodiversité. Un combat que mène ardemment le parc naturel régional de la haute vallée de Chevreuse.
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Les chauve-souris au cœur de la biodiversité
Au Moulin d’Ors, sur ce site de 16 hectares, on retrouve « neuf espèces différentes de chiroptères ». Parmi ces populations, la Murin de Daubenton, une chauve-souris dont « la situation est assez précaire en Île-de-France du fait de la raréfaction des grandes zones d’eau, son terrain de chasse », abonde le technicien.
« Elle est pêcheuse. Cette chauve-souris est insectivore et va chercher les insectes qui se déplacent sur l’eau ou légèrement sous la surface de l’eau ».
Les bénévoles ont essayé de créer un canal de drainage entre les différents bassins. Une action importante car « en 70 ans nous avons perdu deux tiers de nos mares », alerte Arnaud Codant. Il est à noter que le parc naturel régional de la haute vallée de Chevreuse travaille à la préservation des mares.
L’espace naturel protégé est suivi de près. « Nous faisons des inventaires tous les ans de la chauve-souris », glisse le technicien. Prospection de l’écrevisse à pattes blanches (espèce locale), suivi des truites fario après la restauration écologique de la Mérantaise en 2024 font aussi partie des actions menées.
« À terme, nous aimerions faire de cet endroit une vraie réserve naturelle avec des cheminements identifiés et des explications sur l’intérêt du lieu. C’est vraiment un site de préservation de la biodiversité », conclut Françoise Martin, présidente de l’Association de Défense de la Vallée de la Mérantaise et de Châteaufort.
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