Des clochettes et des bêlements se font entendre dans la plaine d’Hermeray (Yvelines), près de Rambouillet. Non, nous ne sommes pas dans les Pyrénées, mais bien en Île-de-France, où le berger, Florian Leclerc conduit la grande transhumance de son troupeau de 400 moutons.
« Un grand déplacement de 14 kilomètres pour trouver d’autres terres. Là, elles ont tout mangé dans toutes les pâtures aux alentours. Nous allons dans un champ de luzerne », indique Florian qui regroupe ses brebis à l’aide de ses border collies. Mais la grande nouveauté, ce samedi 31 janvier 2026, est d’avoir le renfort et l’encadrement de chevaux.

Comme dans les régions de montagne
« Trois devant pour ouvrir la voie et trois derrière pour pousser les brebis égarées », échangent Florian Leclerc et Patrick Léonoff, le patron de l’écurie Al Andalus, spécialisée dans l’élevage de pur-sang arabes à Sonchamp.
« Parfois des chevaux accompagnent des troupeaux dans d’autres régions de montagne. On s’est dit pourquoi pas ici. »
« Nous avons mis à disposition six chevaux qui font des concours d’endurance et ont du métier comme Akoun, 16 ans et des cavaliers expérimentés. Auparavant, Florian a amené quelques brebis à l’écurie de Sonchamp pour acclimater les chevaux. Mais c’est une première pour tous ! », poursuit-il.

« Allez les filles ! »
Le rendez-vous est donné samedi matin dans un champ perdu dans la brume à Hermeray où les brebis vivent et mangent depuis plusieurs mois. Après un briefing, Florian et Marina sortent les deux borders collies et mettent l’ânesse à la longe. Myrtille joue un rôle protecteur face aux prédateurs de passage comme les chiens errants et les intrus… Mais l’ânesse sait aussi rassembler le troupeau derrière elle !
« Allez les filles ! », lance Florian tandis que Dorian et Corentin, deux agriculteurs ouvrent la clôture, laissant s’écouler les 400 moutons, derrière les chevaux de Patrick, Daniel et Florence.
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Un partenariat avec les agriculteurs
Une bétaillère les suit, au cas où des brebis ou des agneaux faiblissent.
« C’est une transhumance plus délicate qu’une autre après les naissances de novembre 2025, il y a 230 mères et 190 agneaux. Les mères sont donc plus fatiguées car elles ont beaucoup donné. »
Le berger interpelle son troupeau, le guide : « gauche, gauche ! » Il travaille avec plusieurs agriculteurs : les pâtures en échange d’un fertilisant naturel, les déjections des moutons ! « Elles ont mangé sur des repousses de colza et des couverts entre les cultures avant d’aller vers des luzernes bios », détaille-t-il.
Les agriculteurs mais aussi les parcelles forestières privées et même l’ONF ont fait appel au pouvoir de tonte des moutons rustiques qui mangent tout. Il a des races limousines, vendéennes et Suffolk très adaptées. « Il faut essayer de veiller à la transition alimentaire surtout au printemps en passant du pailleux à la luzerne par du trèfle au milieu », explique le berger à son compte et en transhumance depuis 4 ans.

« Les chevaux poussent derrière »
L’aide des cavaliers est bien utile pour sécuriser la traversée de la route de Saint-Hilarion. « Dès qu’ils voient les chevaux, les automobilistes s’arrêtent sans broncher », notent les cavaliers. La patience est récompensée par la chance de voir défiler un grand troupeau comme on en voit rarement.
« Les chevaux se prennent au jeu. Ils ont compris qu’il fallait pousser. Ils vont au-devant des brebis », relève un cavalier emballé par cette première expérience. « Nous sommes habitués aux longues balades avec nos chevaux d’endurance. Donc, j’ai dit OK sans réfléchir et cela se passe bien », confirme Daniel avant que le troupeau ne trouve refuge dans son nouveau champ à Gazeran, près du château d’eau.
Au milieu d’eux, l’ânesse Myrtille braie quelques secondes pour rappeler aux inconnus qu’elle veille sur les brebis. « Les pur-sang se sont bien adaptés à l’expérience. Nous recommencerons ! » déclare Raphaëlle de l’écurie Al Andalus telle un gaucho argentine dans la pampa, au milieu du troupeau.
En un peu plus de 2 h, le troupeau a effectué son parcours. « Nous avons fait aucune halte. Le pas était rapide », confie Florian qui a fait tout à pied. Il donne rendez-vous aux cavaliers en septembre prochain pour la prochaine grande transhumance.

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