Le 27 janvier 2025, le Département lançait les assises de l’eau au Perray-en-Yvelines. Représentants des pompiers, collectivités, mairies et de la chambre d’agriculture y avaient assisté assidûment. Le souhait collectif : trouver une solution pour faire face au ruissellement. « L’angle mort » dans la lutte contre les inondations, comme le désigne Geoffroy Bax de Keating.
Le vice-président du Département en charge de la protection de l’enfance a été désigné par Pierre Bédier pour mener ces assises. Mais avant de saisir le Département, « nous avons fait notre mini Yalta de l’eau en sous-préfecture pour se répartir les communes. Les services de la Gemapi gèrent les débordements de cours d’eau, le parc naturel régional de la haute vallée de Chevreuse vient en aide à certaines communes », souligne Geoffroy Bax de Keating.
Des solutions modèles fondées sur la nature
Quatre communes dans le sud des Yvelines et une au nord, Épône, ont été sélectionnées pour devenir des cas pilotes.
Et à Épône ?
Dans le nord du Département, une maison a été particulièrement sinistrée et à deux reprises. La valeur des deux sinistres dépasse celle de la maison. Le propriétaire serait vendeur. L’État serait potentiellement acheteur. Sur ce terrain, une zone d’expansion de crues pourrait voir le jour et ainsi protéger les autres habitations. Un rachat qui pourrait être fait via le fonds Barnier (dédié à la protection des risques naturels majeurs).
Agence de l’Eau Seine-Normandie, Direction des territoires, pompiers, agriculteurs, maire se sont mis autour dans la table sous la coordination de l’organisme départemental Seine-Yvelines Environnement. À Bullion, Orcemont, Prunay-en-Yvelines et Sainte-Mesme des ateliers sur le terrain se sont tenus. Tous les acteurs se sont réunis à trois reprises sur chaque site. Constat des causes des inondations, solutions envisagées et compatibilité ont guidé ces ateliers.
« Cela n’a pas été facile, car nous étions souvent sur des terrains agricoles, qui n’appartiennent pas toujours aux exploitants »
Pour trouver des solutions, des études hydrauliques ont été réalisées. Ces dernières ont été financées par l’Agence de l’eau à 80 %, le Département a complété le budget.
Le hameau de Longchêne a été particulièrement touché par les inondations. Les études se sont portées sur le carrefour de la Grouaille et dans les rues du Clos Clément et du Clos du Puits. La solution proposée consiste à la mise en place de fossés qui ceinturent le nord des parcelles et dégagent l’eau sur les côtés. « Des voies communales ont été détruites, nous avons été surpris par la rapidité du phénomène », pointe Xavier Caris. Le maire de Bullion note aussi un ruissellement sur des terres déjà saturées d’eau.
Le coût des travaux et des études se monte à 385 000 €.

- Sainte-Mesme
« Des gens qui ont toujours habité Sainte-Mesme n’avaient jamais vu cela », rapporte Isabelle Copetti, le maire. Ce village en limite de l’Essonne a été confronté à trois épisodes : un fin septembre et deux en octobre. Ces trombes d’eau ont provoqué un affaissement de la route au hameau de Denisy. Le ruissellement a été intense. Mais une solution a été trouvée avec un propriétaire de forêt privée. Il accueillera des zones de stockage d’eau temporaires pour éviter une emprise sur des parcelles agricoles. « Le propriétaire forestier demande la prise en charge des financements par la collectivité, mais se chargera de l’entretien », note Carine Bruyselbout, directrice de Seine-Yvelines environnement.
Des fossés à redents seront aussi installés.
Pour ces aménagements et les études, l’enveloppe est de 175 000 €.
C’est au hameau de l’Épinay, à Orcemont, que se sont concentrées les inondations. Une zone d’expansion de crue va être créée. Pour cela, les agriculteurs ont libéré un espace de 3000 m². En amont, des fossés à redents pourraient voir le jour pour freiner l’eau.
Montant des travaux et des études : 230 000 €.

- Prunay-en-Yvelines
C’est dans ce village que le coût des études et des aménagements est le plus élevé : 389 000 €. Les hameaux de Villiers Landoue et de Gourville ont été fortement impactés. « 30 maisons sont devenues inhabitables », pointe Jean-Pierre Malardeau. Le maire met en avant la présence « d’un million de mètres cubes d’eau, pas en une seule fois », à Prunay.
Dans le village, des zones d’expansion de crues sont privilégiées. Un nouveau rendez-vous doit avoir lieu pour affiner la solution choisie.
À lire aussi
Diminuer la part des communes
95 000 € pour Bullion, 165 000 € pour Prunay, 78 000 € pour Orcemont et 35 000 € pour Sainte-Mesme. La facture est encore trop lourde pour les petites communes rurales du Sud-Yvelines dont les ressources financières sont limitées.
« Ce reste à charge est inacceptable. J’ai réagi avec mes tripes. Cette nouvelle dépense s’inscrit dans la fragilité des finances locales. Il faut aussi ajouter le coût de l’entretien »
Le sous-préfet de l’arrondissement de Rambouillet assure vouloir baisser le reste à charge pour les communes. Elles auraient une facture de 40 000 € maximum à régler. Pour y arriver, un dossier a été déposé auprès du fonds vert, une possibilité pour les intercommunalités disposant d’un Plan climat-air-énergie territorial. C’est le cas de Rambouillet Territoires dont les communes pilotes sont membres.
Si le Département va poursuivre son accompagnement en matière de conseil et d’ingénierie, son président ne laisse aucune place au suspens : « Nous ne serons pas cofinanceurs ». Mais Pierre Bédier assure solliciter le président de la Métropole du Grand Paris pour obtenir des financements.
Ces travaux devraient être réalisés à l’automne 2026.
À lire aussi
La suite des assises
Pour Geoffroy Bax de Keating, il est temps « d’ouvrir la suite des assises. Les mairies seront en maîtrise d’ouvrage et Seine-Yvelines Environnement sera là pour accompagner les aménagements ». Le conseiller départemental avance : « Les riverains attendent des solutions et nous les rencontrerons avec les maires pour expliquer les aménagements ».
Un autre sujet viendra aussi sur la table : celui de l’indemnisation des agriculteurs qui accueillent des zones de surinondation sur leurs parcelles. « Cela peut représenter une perte économique potentielle ou au moins une perte de rendement », glisse Nicolas Ventre. Sur ce point, des discussions sont déjà en cours avec la métropole du Grand Paris.
Les cours d’eau sont aussi un autre point à clarifier. Car la législation est radicalement différente en matière d’entretien entre un fossé et un cours d’eau. « La Direction des territoires (DDT) travaille sur une cartographie », indique le sous-préfet.
La sous-préfecture accompagne aussi les communes dans la rédaction d’un plan de sauvegarde. Des ateliers ont déjà lieu à Rambouillet avec une dizaine de communes dont Sonchamp ou encore Saint-Arnoult-en-Yvelines.
Suivez toute l’actualité de vos villes et médias favoris en vous inscrivant à Mon Actu.
Ce site vous produit ce texte au sujet du sud du département des Yvelines. Le but de voirenimages.net étant de rassembler en ligne des données sur le sujet de puis les diffuser en essayant de répondre du mieux possible aux interrogations que tout le monde se pose. Cet article se veut reconstitué de la façon la plus correcte que possible. Si jamais vous projetez d’apporter quelques précisions autour du territoire du Sud des Yvelines, vous avez la possibilité de d’échanger avec notre rédaction. Dans les prochaines heures on rendra accessibles à tout le monde d’autres annonces autour du sud des Yvelines. Alors, consultez régulièrement notre blog.