
«Je ne veux pas accueillir de plastiques qui sont déjà admissibles en filière de recyclage, l’idée c’est d’ouvrir la porte à ceux qui ne peuvent pas y aller.» À Trappes (Yvelines), Recnorec a mis au point une ligne de production qui transforme des amas de plastiques usagés en des planches qui se veulent une alternative au bois. L’entreprise a été créée en 2018 par Ugoline Soler qui a découvert le concept lors d’une collaboration avec une société sud-américaine. Elle a décidé de l’adapter au marché français.
«Là-bas, le plastique était une problématique importante parce qu’il n’y avait pas de filière de recyclage, indique celle qui était alors responsable innovation dans un grand groupe. Le recyclage des plastiques en mélange peut se faire avec des objets longs et étroits, mais une planche large qui peut être découpée à l’intérieur c’était nouveau.»
La start up commence la R&D pour pouvoir ne travailler qu’avec des plastiques non valorisables et destinés à l’incinération, soit 77% du total collecté en France selon les derniers chiffres de l’Ademe. L’entreprise destine son futur matériau à la construction de mobilier et vise les distributeurs du secteur. «Sauf que vendre un produit industriel qui n’est pas fabriqué parce qu’il n’y a pas encore l’outil, c’est une gageure, résume Ugoline Soler qui cherchait alors des investisseurs. Il a donc fallu trouver un moyen pour montrer que nos planches en plastique recyclé trouvaient leur marché.» Les premières années, Recnorec conçoit un moule de thermocompression pour honorer ses premières commandes auprès de collectivités locales. Mais la marchandise s’avère longue à produire et n’est pas compétitive, avec un prix aux alentours de 300 à 400 euros du mètre carré. Fin 2023, l’entreprise, réceptionne la ligne de production qu’elle a conçu avec un an de retard dû aux pénuries de composants provoquées par la guerre en Ukraine.
En redressement judiciaire depuis 2024
Bâches du BTP, emballages alimentaires, chutes de l’industrie automobile… Après un premier tri chez eux pour enlever les plastiques valorisables, les recycleurs paient Recnorec pour qu’elle prenne en charge leurs déchets destinés à être incinérés. La start-up les broie dans son atelier pour disposer de sacs de paillettes. «Ils deviennent des ingrédients qui nous permettent de faire une dizaine de recettes que nous avons mis au point, indique Ugoline Soler. Nous savons que pour fabriquer notre matériau, il faut telle proportion de tel polymère. Nous arrivons toujours à obtenir le même résultat.» Une fois proportionné, le mélange est mis dans une machine qui le chauffe et fait s’agglomérer les paillettes en petits granulés. Dans une extrudeuse, une vis sans fin les transforme eux-mêmes en un grand boudin de pâte qui alimente en fin de chaine une machine spécifiquement conçue par l’entreprise. À l’inverse du thermoformage dans un moule, elle permet d’aplatir la matière selon les dimensions voulues, ce qui donne pour Recnorec des planches de 1,5 mètre pour 1,5 cm d’épaisseur.
Alors forte d’une quinzaine de collaborateurs, la start-up met un an à trouver les bons paramètres et n’a commercialisé ses planches qu’à l’été 2024. Plombé par ces années de retard, Recnorec demande finalement son placement en redressement judiciaire à l’été 2024. Passée à deux salariées, l’entreprise a depuis changé de stratégie. «Les distributeurs ne prendront pas le risque d’acheter nos produits pour les revendre sans être certains qu’il y ait des acheteurs, indique Ugoline Soler. En attendant nous créons des produits finis parce que c’est ce que les clients nous demandent.» Ainsi, une gamme de bacs de jardin vient d’être commercialisée sur son site. Elle vise les particuliers mais les collectivités et entreprises intéressées par la matière, mais qui ne souhaitent pas la transformer eux-mêmes.
Lucide sur sa marge de manœuvre après la fin du redressement judiciaire début 2026, Ugoline Soler cherche un partenaire industriel et financier. «Je n’ai pas assez de monde pour faire tourner l’entreprise de façon à accélérer et pas assez de ventes parce que l’on n’est plus assez pour le développement commercial», résume la dirigeante, qui se dit ouverte à une reprise.
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