
Alexiane Bléjean et Ani Torosyan se lancent dans la médiation animale, après avoir remporté la bourse “Yes you can”, lancée par la mairie de Rambouillet. Avec Teddy, berger créole âgé de trois ans et demi, elles ont organisé leur premier atelier auprès de femmes victimes de violences.
L’une est la maman, l’autre est la marraine. Teddy, berger créole de trois ans et demi, entre les deux. Alexiane Bléjean, 24 ans, aide à domicile et Ani Torosyan, 27 ans, assistante sociale se sont rencontrées dans le cadre de l’atelier théâtre animé par la mission locale de Rambouillet.
Il y a encore quelques mois, elles ne se connaissaient pas. Elles ont pourtant candidaté ensemble au dispositif “Yes you can”, comprendre “oui, c’est possible”, porté par la mairie qui s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans vivant dans l’agglomération rambolitaine. « On est très vite devenues amies et surtout, on avait les mêmes projets : développer la médiation animale sur le sud des Yvelines », retracent les jeunes femmes.
Pour rappel, le projet “Yes you can” est porté par la Ville en partenariat avec le lycée Bascan, la Mission locale intercommunale de Rambouillet et l’Usine à Chapeau. Ce dispositif a été créé lors de la dernière mandature, dans le cadre de la commission égalité des chances portée par l’adjointe au maire, Marie Caresmel.
Deux jeunes de Rambouillet réalisent un album de rap grâce au dispositif « Yes you can »
« On s’est rendu compte, après le Covid, que les jeunes avaient besoin de plus d’aides qu’avant, que ce soit dans le monde professionnel, pour l’accès à l’emploi, mais aussi pour tout simplement croire et réaliser leurs rêves », observait il y a un an la référente.
« Ce sont des jeunes que l’on se doit d’aider par nos compétences et notre réseau, leur donner une chance de s’exprimer. »
Marie Caresmel (adjointe au maire)
5.000 euros pour se lancer
Dans ce cadre, les deux amies ont reçu une bourse de 5.000 euros pour mettre leur projet sur pattes. Une somme qui leur a permis de se former aux premiers secours canin et félin (PSCF), et de se focaliser prochainement sur l’obtention de l’attestation de connaissances pour les animaux de compagnie d’espèces domestiques, (ACACED), certifiée par l’État. « On a créé notre parcours professionnalisant en fonction des formations qui existent », souligne Ani Torosyan. « Beaucoup de personnes pratiquent la médiation animale sans, mais pour nous, c’est nécessaire d’avoir ces clés-là. »
Rambouillet : « Yes you can », un dispositif pour aider les projets des jeunes
Débutantes dans le secteur, les deux jeunes femmes se rapprochent doucement des associations existantes pour pratiquer. « J’étais déjà la maman de Teddy, il fallait que je m’assure que son caractère est adapté pour la médiation animale, explique Alexiane Bléjean. On a d’abord testé dans notre entourage. L’animal dans ce cadre doit être un outil d’accompagnement dans le secteur social. À terme, on aimerait intervenir dans des structures médico-sociales, voire de la petite enfance. » Pour être médiateur, Teddy doit être formé, assuré, vacciné et conventionné avec les structures.
D’ici à quelques mois et une fois les formations nécessaires acquises, « on aimerait chacune créer notre entreprise. Cela nous permettra d’être par la suite partenaires dans nos interventions et juridiquement au même statut. »
Il se pourrait également que Teddy ne soit prochainement plus la seule star de la médiation. « Lors de mes stages, j’ai déjà assisté à de la médiation avec des cochons d’Inde… Mais moi, je serais plus tentée de le faire avec un âne, glisse Ani Torosyan. La médiation asine se rapproche beaucoup de l’équithérapie. On formerait ainsi deux binômes. »
Une première expérience auprès des femmes victimes de violences
Après des premiers pas à la Bergerie nationale, à Rambouillet, lors de ses portes ouvertes, les associées ont été contactées par une association venant en aide aux femmes ayant subi des violences conjugales et intrafamiliales. Trois séances avec un objectif : créer un lien de confiance avec l’animal. « C’était très bouleversant », s’accordent-elles à dire.
Avant d’approcher Teddy, « il y a certaines règles que nous avons mises en place. D’abord concernant le bien-être animal. Tout est fait pour qu’il ne soit pas surstimulé », explique Alexiane Bléjean.
« Ensuite pour créer le lien de confiance », rebondit Ani Torosyan. Un parcours créé pour développer l’union à l’animal. Et que Teddy aussi se sente à son aise. Une fois ce lien créé, la séance peut commencer. Malgré des parcours de vie parfois cabossés, les personnes, à l’approche de Teddy, changent de regard, d’énergie, de posture. « C’était incroyable de voir la magie opérer », se rappelle Ani Torosyan.
Pourtant, parfois la connexion a du mal à s’établir. « Ce n’est pas si évident que ça. L’une des femmes que nous avons accompagnées, ne parvenait pas à créer un contact visuel avec Teddy, explique Alexiane Bléjean. À l’issue des séances, elle nous a dit : “J’ai l’impression de voir en Teddy, ma façon d’être en société. Teddy est le miroir de moi-même.” » Comme les séances sont construites avec les trois parties prenantes, la médiation a par la suite été axée sur l’effet miroir avec l’animal. « C’était très intéressant d’évoluer en même temps et avec les personnes que l’on accompagne. »
Bulle de confiance
Dans ces cas où les personnes ont subi la violence, la médiation animale ne fait plus ses preuves. « Les bienfaits sont nombreux. » Reconnexion avec ses émotions, apprendre à les reconnaître et à les nommer, restaurer l’estime de soi, réapprendre le respect de l’autre…
« Au-delà de faire confiance à un tiers, en l’occurrence notre trio et principalement à Teddy, on redonne, via des exercices simples, confiance aux gens, dans ce que ces femmes peuvent apporter aux autres », démontrent les deux associées.
« Nous souhaitions que ces femmes se sentent en sécurité. Qu’elles ne soient plus seulement des victimes et catégoriser comme telles. Nous voulions leur donner un regard différent que la société peut leur porter. De bienveillance et de l’écoute. »
Alexiane Bléjean et Ani Torosyan
Mais aussi grâce au chien, redonner un sens positif au contact corporel. Mission réussie. À la fin de ces trois séances, ces femmes accompagnées par la médiation repartent avec une « boîte à outils », notamment via la médiation par visualisation, « à utiliser dès qu’elles en ont besoin dans leur quotidien. Nous ne sommes ni psy, ni thérapeute, mais nous avons, via nos professions, connaissances de ces sujets-là. On a su et on a pu rediriger certaines d’entre elles vers des dispositifs locaux existants prêts à prendre le relais. »
Jade Sauvée
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