
« Bien que cette mesure puisse paraître drastique, elle a été prise dans un objectif préventif et afin de garantir la sécurité des mineurs, mais aussi celle des Triellois et de leurs biens », explique la commune sur son site. Cette décision se justifie par « une recrudescence d’actes d’incivilités commis par des mineurs sur la commune », tels que des dégradations de mobilier urbain ou des vols, assure la ville, sans plus de précisions.
Le maire de Triel, Cédric Aoun, a assuré que cet arrêté permettait aux parents de « reprendre le contrôle » en accordant ou non une autorisation de sortie et aux policiers municipaux qui patrouillent la nuit de « vérifier que les parents sont bien au courant que leurs enfants sont dehors ». Les policiers « commenceront par avertir les parents puis, s’il y a récidive, ils passeront à la verbalisation », détaille Cédric Aoun.
Une mesure « complètement inadaptée »
Pour la section locale de la Ligue des droits de l’homme (LDH), cette mesure est « complètement inadaptée », « pénalisante et inquiétante » et contrevient aux « libertés fondamentales d’aller et de venir des jeunes mineurs », de surcroît sur une période de vacances.
« Cela introduit une méfiance envers les jeunes : tous sont jugés délinquants, potentiellement », s’indigne la LDH de Poissy et ses environs (dont Triel-sur-Seine), qui « étudie les éventuelles suites à donner ».
Les motifs pour lesquels les enfants ou adolescents pourront se déplacer à ces horaires rappellent ceux en vigueur lors des confinements liés au Covid-19 : déplacements « ne pouvant être différés » en raison du travail, d’activités associatives ou de sport, « motif familial impérieux » ou encore sortie avec un animal de compagnie « dans un rayon maximal d’un kilomètre autour du domicile ».
Cette attestation permettra « de distinguer les jeunes livrés à eux-mêmes de ceux bénéficiant d’un encadrement parental », estime la commune. Le texte concerne une grande partie de la ville, dont les bords de Seine, l’ensemble des parcs, le centre commercial et plusieurs artères.
En mai 2025, saisi par la LDH, le tribunal administratif avait annulé un précédent arrêté du maire visant à interdire tout rassemblement de plus de deux personnes « troublant la tranquillité, la sécurité et la salubrité publiques » entre 8 heures et 4 heure sdu matin dans plusieurs secteurs de la commune.
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